Contexte

La mobilisation in situ des énergies renouvelables et fatales, à l’échelle du bâtiment ou du quartier, fait l’objet de déploiements de plus en plus nombreux en Europe. Des initiatives d’autonomie énergétique émergent dans les villes et les villages. Des formes variées de territorialisation concernent les systèmes énergétiques. Ce mouvement pourrait s’amplifier dans les années à venir. Adoptée au printemps 2019, la nouvelle directive européenne[1] accorde aux consommateurs un rôle central et reconnaît la pertinence de communautés énergétiques citoyennes. Rassemblent des personnes physiques ou morales, ces communautés énergétiques endossent des rôles variés : du partage coopératif et non-marchand d’énergie renouvelable captée en commun à ceux d’acteurs de marché de l’énergie : producteur, fournisseur, agrégateur, gestionnaire de micro-réseau … La directive institue un tournant par rapport aux régulations précédentes qui poussaient principalement, si ce n’est exclusivement, les États à ouvrir les « marchés » du gaz et de l’électricité et à les étendre au continent européen.

Promue au titre des politiques climat, la substitution des énergies fossiles (massivement importées dans de nombreux pays européens) par des énergies renouvelables élargit effectivement le champ des possibles. Les spatialités des systèmes/circuits énergétiques reliant production et consommation et, plus largement, ressources et usages s’en trouvent potentiellement diversifiées et démultipliées. Les comportements de consommation ou, plus prosaïquement, les pratiques d’utilisation d’énergie se trouvent bousculées non seulement par des injonctions - désormais usuelles - à la sobriété mais aussi par la recherche de flexibilité et des appels à l’effacement et, peut-être prochainement, au stockage voire à la consommation des excédents énergétiques.

Qu’ils soient continus (électricité, gaz, chaleur) ou discontinus (combustibles solides approvisionnés par des infrastructures de transport), les réseaux supportant les flux énergétiques sont menacés (ou confortés ?) par une plausible démultiplication des communautés énergétiques auto-consommant l’énergie qu’elles capturent in situ et réduisant ainsi les soutirages sur le réseau. L’économie des réseaux, leur fiabilité et les solidarités auxquels ils contribuent sont réinterrogées ce qui préoccupent les régulateurs qu’ils soient nationaux ou locaux. 

Même si leur ampleur future apparait incertaine, les transformations émergentes et promues appellent de nouveaux outils d’observation, de simulation et, in fine, d’aide à la décision au service d’une variété d’acteurs : communautés énergétiques bien sûr, mais aussi collectivités territoriales, gestionnaire de réseaux, régulateurs …

Colloque

Ce colloque vise à croiser les regards sur les communautés énergétiques. La complexité systémique et l’hétérogénéité des transformations appellent des approches disciplinaires variées pour accéder à une lecture des changements et des transitions : sociologie, psychologie, économie, géographie, urbanisme, management, science politique…. Au-delà de l’observation des processus, imaginer des outils d’aide à la décision/conception élargit cet appel aux sciences de systèmes telles que l’architecture, le génie électrique, le génie énergétique, les mathématiques appliquées ; il s’agit autant de modéliser le choix des acteurs que les objets technologiques constituant ou gérant des systèmes énergétiques pluriels et articulés.

Les chercheurs sont invités à partager, confronter leurs analyses des mécanismes de décision en termes de fonctionnement et d’investissement des systèmes énergétiques à l’échelle des communautés énergétiques ainsi que leurs interactions avec les acteurs de l’énergie, de l’aménagement et des institutions publiques et les effets des cadrages réglementaires. L’invitation concerne aussi la modélisation de systèmes énergétiques, de leurs acteurs et des configurations constitutives d’outils d’aide à la décision au sein et en relation avec les communautés énergétiques.

Mots-clés

Gestion, conception, planification, régulation, multi-énergie, autonomie énergétique, systèmes électriques territoriaux, partage, automatisation, mutualisation, contrôle social, convention, marché, méthodes, outils

Partenaires de l'évènement

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